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GROUPEMENT NATIONAL des DIRECTEURS GENERAUX d'ASSOCIATION du Secteur Educatif, Social et Médico-Social |
P. MARTIN
Président
Monsieur RITTER
Préfet honoraire
Chargé de mission A.R.S.
Ministère Santé Affaires
Sociales
Objet : Mise en
place des A.R.S.
Analyse et propositions du
GNDA
Monsieur le Préfet,
Comme convenu, suite à
notre entretien du 5 mars 2008, je vous transmets au nom du GNDA une note de
contribution sur la mise en place des ARS.
Cette note, préparée par un
groupe de travail du GNDA et validée en CA, présente une analyse du GNDA au
regard de cette réforme et vous propose un certain nombre de points de
vigilance que nous considérons essentiels au regard des enjeux.
Par ailleurs, je vous confirme
que le GNDA se rendra disponible, dans la mesure de ses compétences, à tout
groupe de travail à venir concernant cette réforme.
Je vous prie d’agréer,
Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération.
Patrick MARTIN
Analyse du GNDA
concernant la mise en place des ARS et préconisations pour une prise en compte
des enjeux de mise en œuvre
1.
Le
GNDA estime que si le secteur médico-social financé par l’assurance maladie
doit être intégré à l’ARS, il est indispensable :
- que soit garantie l’identification
d’un pôle médico-social spécifique fort,
- que la fongibilité financière soit
bien asymétrique exclusivement du sanitaire vers le médico-social,
- que soient bien réunies dans une
même instance l’observation des besoins, la détermination des réponses, la
planification et l’allocation de ressources aux structures
Argumentaire : ces conditions doivent assurer un
positionnement pertinent du Secteur médico-social aux côtés des autres acteurs
de la Santé en lui gardant sa spécificité et ses moyens, positionnement qui
permettrait effectivement une meilleure cohérence des diverses approches de la
santé de nos concitoyens quelle que soit leur situation.
Le rattachement des établissements
pour enfants et adolescents handicapés doit être celui de l’ARS et, non comme
rapidement évoqué par le rapport d’Yves Bur, l’Education Nationale. Par contre
la formalisation des collaborations de ces établissements et services avec
l’Education Nationale se doit d’être amplifiée, tout comme avec la pédo-psychiatrie.
Le GNDA souligne que les acteurs gérant des établissements
médico-sociaux, souvent associatifs et\ou représentatifs des personnes
handicapées, participent activement à l’élaboration de la politique publique et
de ses grandes orientations nationales et locales, ceci à travers des
mécanismes de participation et de concertation qui sont opérants et devront
absolument être conservés et adaptés.
le GNDA note également la nécessité
d’une extrême vigilance quant aux conditions
de mise en œuvre de l’ARS. A cet égard il
invite à la prise en compte des points suivants :
-
l’intégration
du médico-social (personnes âgées, personnes handicapées/conduites
addictives/etc.) au sein de à l’ARS
va nécessairement recentrer l’action publique de l’Etat sur la dimension
« soins ». Or, les équipements médico-sociaux assurent tous, à des
degrés variables, une importante fonction éducative et/ou sociale et d’accompagnent
des parcours de vie sur le long terme.
-
il
serait préjudiciable que cette intégration s’accompagne d’une modélisation
« hébergement/dépendance/soins » qui, si elle a du sens pour les
EHPAD, en a déjà nettement moins pour les établissements pour adultes
handicapés et n’en n’a plus du tout pour les établissements et services pour
enfants handicapés.
-
Le secteur
des personnes handicapées n’est pas assimilable, sur bien des points, à celui
des personne âgées [malgré la convergence « CNSA/5ème
risque/fin des barèmes d’âge/modèle
« autonomie-dépendance-compensation »], ceci pour au moins trois
raisons :
o
le
« spectre » des besoins des personnes handicapées est fort hétérogène
selon les types de handicap et leur degré. Ceux-ci vont grosso modo des
troubles de comportement/handicap psychique au polyhandicap en passant par la
déficience intellectuelle, motrice, sensorielle ; Le panorama se
complexifie encore quand on prend en compte les handicaps associés.
o
l’accompagnement
des personnes handicapées par les établissements et services s’inscrit en
général dans une longue durée, dans une approche globale de la personne avec
une prise en compte différenciée des différentes réponses et étapes du parcours
de vie des personnes.
o
des
collaborations diversifiées avec de très
nombreux acteurs sociaux « de droit commun » caractérisent ce mode
d’accompagnement et de façon générale l’activité de ces établissements et
services.
-
la
diversité des modèles d’action, des organisations, des projets, des innovations
est une caractéristique essentielle du secteur médico-social et permet
notamment le développement de projets de vie personnalisés quand l’approche
sanitaire est beaucoup plus ponctuelle voire normative et procédurale. En ce
sens, la démarche évaluative (interne et externe) instaurée par la loi du 2
janvier 2002 (art L.312-8 du code de l’action sociale et des familles) doit
être préservée et l’ANESM (Agence Nationale de l’Evaluation et de la qualité
des Etablissements Sociaux et Médico-sociaux) rester la référence en la matière
pour le secteur social et médico-social.
-
la
question de la gouvernance doit être nettement positionnée dans l’organisation
interne des ARS. Leurs instances
internes doivent être clairement inscrites
dans une recherche de concertation et de dialogue entre les différents acteurs
et ce contrairement à ce qui a été
mis en place au sein des ARH. Notamment, la
commission exécutive ne peut être
uniquement composée de représentants de
l’Etat et de l’assurance maladie. Elle devra associer des acteurs de
terrain notamment associatifs, des élus désignés par les conseils généraux et
le conseil régional. Il faut aux ARS des
instances qui facilitent un véritable débat politique et technique et qui laisse ensuite au directeur de
l’agence un pouvoir d’arbitrage. Seul un véritable débat démocratique sur les grandes décisions et choix
sanitaires et médico-sociaux au niveau d’une
région garantira la qualité des décisions prises par l’ARS et garantira les
meilleures conditions de mise en œuvre des décisions prises. Il faut
éviter les passages en force dont
le GNDA a souvent constaté qu’ils démobilisent
les acteurs et bloquent les évolutions indispensables sur de longues périodes.
Le secteur associatif est bien évidemment très attentif par nature à la
question du mode de gouvernance des futures ARS et souhaite éviter les risques
de dérive bureaucratique qui pourraient aller à l’encontre des objectifs
poursuivis et auxquels n’ont pas toujours su échapper les ARH.
-
l’action
médico-sociale des établissements et services pour personnes handicapées
(enfants et adultes) s’inscrit dans un fonctionnement local partenarial et de
réseaux plus fins, plus diversifiés et à géométrie plus variable que ne le
connaît le secteur hospitalier. L’échelon départemental et infra départemental
reste pertinent pour la quasi-totalité des aspects.
-
les
compétences du Conseil Général sur les dimensions autres que le soin (stricto
sensu) renforcées par un possible nouveau transfert de compétence obligera
l’ARS à trouver les bons outils et modalités de collaboration « Conseil
Général/ARS ». Or, la logique même inhérente à la décentralisation ne
facilite pas cette collaboration. De plus ces nouveaux transferts ne sauraient
découper les modes de financement des établissements et services par
« type d’actes » sous peine de mettre à mal la prise en charge
globale de la personne.
-
Enfin,
les choix concernant le pôle médico-social de l’ARS se doivent d’être étudiés
en cohérence avec le « 5ème risque » et ses conséquences
institutionnelles, organisationnelles, financières, etc.
2.
Au
regard de ces différents éléments, le GNDA formule les quelques préconisations
opérationnelles suivantes :
-
préciser
la nécessaire articulation entre ARS et Préfets de Région.
-
définir
une organisation déconcentrée forte de l’ARS à l’échelon départemental afin de
garantir la prise en compte des spécificités des territoires concernés et des réseaux
existants ou à construire.
-
garantir
par des obligations ayant une force législative ou réglementaire une bonne
articulation/coopération entre l’ARS et les Conseils Généraux. Il s’agira de
sortir notamment de l’absence de coordination qui est le plus souvent observée
à l’heure actuelle dans de nombreux départements entre les services de l’Etat
et ceux des départements dans la gestion des schémas départementaux conjoints,
la construction et l’actualisation des PRIAC , ou le fonctionnement des CDCPH.
-
accompagner
le passage de relais entre les DDASS/DRASS et les composantes de l’ARS par une
obligation concomitante d’élaborer ou rénover les textes réglementaires
concernant les établissements pour personnes handicapées [rénovation en
profondeur des « annexes XXIV » en lien avec la loi du
11/02/05 ; définition de normes réglementaires pour « foyer de
vie/FAM/MAS »].
-
décaler
d’un an (2010) la mise en œuvre opérationnelle du pôle médico-social de
l’ARS de manière à préparer avec les acteurs concernés les modalités concrètes
d’organisation et de fonctionnement de ce futur pôle. Il s’agira notamment de
mettre en place une organisation du pôle médico-social qui prenne en compte la
diversité et les spécificités des modalités d’intervention auprès des usagers,
d’organisation et de gestion et de gouvernance notamment associative et qui
assure le maintien des liens avec
le secteur social auquel il doit rester étroitement lié.
-
Le
GNDA se propose de participer à tout groupe de travail qui préparerait le
transfert des compétences médico-sociales des DDASS vers les futures ARS, une
réflexion sur les modes de tarification, l’articulation avec les Conseils
Généraux, avec les MDPH, etc….
Le 20 mars 2008
Pour le GNDA *
P. MARTIN
Président
* Document rédigé par un groupe de travail GNDA :
Ph. Camberlein (Responsable commission handicap) ;
L.Cornet ; F. Hoibian ; A. Ducournau ; P. Enot ; G.
Tonnelet ; P. Martin.
Validé par le C.A.