Echos du séminaire de Bourg en Bresse

Date de publication
Date de publication : 
16/10/2012

« Ancrage territorial, modèle de développement et formes de gouvernance : A quelles conditions les associations d’action sociale peuvent-elles conserver une visée de transformation sociale et de contribution au débat public ? »

C’est sous une pluie battante que la quarantaine de participants (directeurs généraux, collaborateurs… et un président) sont arrivés à Bourg en Bresse pour le séminaire annuel en région du groupement. Il fallait sans doute un peu d’inconscience pour s’extraire, en ce mois de rentrée, de nos obligations associatives et s’isoler dans ce coin de France qui allie si bien culture, patrimoine et gastronomie. Inconscience ou nécessité ? Dans le contexte difficile de recomposition de l’action sociale, de recomposition des logiques d’intervention et des visées associatives, n’est-ce pas tout simplement vital pour nos fonctions de prendre le temps du recul et de la réflexion ? Nous étions quarante à avoir pu le faire…

Il faut dire que l’accueil qui nous a été réservé par Jean-François Meunier, délégué régional et Alain Bouchon, le « local de l’étape » fut à la hauteur ! Il suffit de se rappeler la visite de l’abbaye de Brou (et ses combles. Et quels combles !) et le dîner au restaurant Place Bernard chez Georges Blanc ! Mais aussi la fin de la soirée, tous réunis autour d’un dernier pot, pour échanger, se détendre, parler, être simplement ensemble ! Tout pour faciliter la liberté de parole, première force du GNDA.

Tout a commencé par un repas avec le conseil d’administration, occasion de faire le point sur les dossiers en cours (la « co-présidence » du groupement, la réforme de la tarification, les prochains rendez-vous du 11 janvier sur les appels à projets et des 21 et 22 mars sur l’acte III de la décentralisation…).

Puis dès le jeudi matin, Jean-Louis Laville a donné le ton par une intervention de très grande qualité en nous interpelant: « Qu’est-ce qu’une association ? Un ersatz d’établissement public ou un ersatz d’entreprise privée ?  et a conclu le débat animé par une injonction : « Votre patrimoine collectif du GNDA, c’est votre capacité d’observation, de constat des obstacles locaux à l’action publique et de recensement des avancées à mutualiser. »

Ensuite, trois collègues ont accepté de « s’y coller », l’après-midi, pour témoigner de la conception du développement qu’ils mettent en œuvre dans leur association. C’était courageux car l’objectif était de mettre en exergue les différences qui caractérisent les stratégies des organisations. Eric Pliez, directeur général de l’association Aurore à Paris a exposé les objectifs de développement que s’était fixé le Conseil d’Administration pour atteindre un seuil optimal, condition de survie pour une organisation qui reste très décentralisée. Jean Lavoué, directeur général de la Sauvegarde du Morbihan a présenté l’analyse que fait son association de sa situation actuelle avec une absorption récente d’une autre association et l’entrée dans le groupement « Solida’Cité » qui entend penser autrement les enjeux de développement selon un principe de souveraineté partagée entre cinq associations du Morbihan et du Finistère. Enfin, Christian Berthuy, directeur général d’O.V.E. à Lyon a défendu un modèle de développement fondé sur l’optimisation de l’utilisation des fonds publics et qui passe par une politique d’extension, y compris au plan territorial en s’inscrivant de manière déterminée dans le jeu des appels à projets avec une rationalisation de l’organisation selon des critères assumés de performance. Finalement, cette table ronde a mis en exergue deux conceptions assez diamétralement opposées de l’association : d’un côté l’entreprise sociale, de l’autre, l’entreprise associative.

Enfin, Hubert Allier, ex-directeur général de l’Uniopss, a assumé la tâche difficile de dresser une synthèse de nos réflexions le vendredi matin. Il nous a  invités à prendre en compte à la fois la complexification des politiques sociales, les nouveaux modes de gestion publique, la modification des processus (et des acteurs) d’analyse des besoins.

Tous ces enjeux convoquent les associations à leurs responsabilités : sont-elles des vestiges du passé ou des acteurs d’avenir ? Pour saisir les opportunités ouvertes par ces mutations, les associations, dit-il, doivent investir la dynamique de l’Economie Sociale et Solidaire (Cf. la loi cadre en cours de réflexion sur l’ESS). Elles doivent réinvestir la place du projet associatif, dont la raison d’être est la solidarité. Elles doivent développer des actions inscrites dans les missions d’intérêt général inspirées par la notion de bien commun. La légitimité associative, c’est de savoir faire plus et mieux au service de l’usager, cela suppose que les associations atteignent une certaine « masse politique », c’est-à-dire abordent leur organisation sous un angle plus qualitatif que quantitatif, plus politique que technique.

Et enfin bien entendu, les co-présidents ont conclu ces riches échanges en présentant, sur la base de leur « co-analyse », des pistes et perspectives pour le GNDA.